L'Horizon illimité

Chorégraphie Laurence Wagner
Création en Rési'Danse à Narbonne


Mardi 27 février 2001 à 20h45
Mercredi 28 février 2001 à 20h45

Coproduction:
Le Théâtre* / Scène Nationale de Narbonne
Atelier Chorégraphique National
" L’HORIZON ILLIMITE "

…Inspiré par Joë Bousquet, écrivain et poète, né à Narbonne en 1897, mort à Carcassonne en 1950.

Joë Bousquet, cet homme immobile qui créa un mouvement d’hommes et de femmes autour de son lit rue de Verdun à Carcassonne.
Sa verticalité lui fut arrachée à l’âge de 21 ans, sa position horizontale pendant 30 ans lui a ouvert d’autres horizons, ceux de la pensée.

Par une rencontre entre différents univers artistiques (danse, arts du cirque et musique), ce sont ces horizons illimités que Laurence Wagner choisit d’évoquer …


Formée en danse classique (conservatoire de Drancy) et contemporaine, enseignante dans l’Aude depuis 18 ans, Laurence Wagner crée la Compagnie Portes Sud en 1997 afin de concentrer son énergie créatrice. Elle s’entoure d’artistes de formations diverses, cherche des liens entre la danse contemporaine, toujours en mouvement, et d’autres disciplines du corps.

Depuis la naissance de la compagnie, quatre pièces ont été crées.
Pour cette nouvelle création, la compagnie Portes Sud est accueillie en résidence de création dans le cadre de l’Atelier Chorégraphique National à la Scène Nationale de Narbonne.

Depuis l’installation de la compagnie à Narbonne le 8 janvier 2001, la chorégraphie s’élabore
La compagnie propose également plusieurs actions de sensibilisation en correspondance avec les thèmes du spectacle : - avec une classe de collège de Narbonne : découverte de l’auteur, ateliers sur le thème de " l’écriture littéraire à l’écriture chorégraphique ", ateliers chorégraphiques et arts du cirque
- avec les écoles de danse : ouverture de cours du soir
- avec des danseurs professionnels : ouverture de training, stage

PROPOS ARTISTIQUE ET CHOREGRAPHIQUE



Joë Bousquet, écrivain, poète et figure de Carcassonne, inspire cette nouvelle création.
" Pour entrer dans le monde de Joë Bousquet, j’ai choisi d’être un de ses visiteurs du soir. Passant par une des trois portes qui ouvrent sur l’univers de sa chambre, je soulève le lourd rideau... et je prends une chaise... " Laurence Wagner

Joë Bousquet, cet homme immobile qui créa un mouvement d’hommes et de femmes autour de son lit rue de Verdun à Carcassonne.
Joë Bousquet inspire d’autres rapports au corps…libre, flottant, souffrant, aimé ou répugné.
Sa verticalité lui fut arrachée à l’âge de 21 ans, sa position horizontale pendant 30 ans lui a ouvert d’autres horizons.
Ce sont ces horizons illimités que Laurence Wagner choisit d’évoquer...
" Bousquet est un personnage au destin exceptionnel, engagé, qui possède des qualités d’écoute et l’intransigeance d’un regard. Né à Narbonne, enraciné profondément dans l’Aude, chargé de culture occitane et sensibilisé par les grands surréalistes de l’époque, Bousquet perce les horizons de la pensée.
Je suis séduite autant par ses prouesses littéraires que par la force de sa lucidité; j’aime les horizons nouveaux qu’il est allé chercher aussi loin à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui-même " Laurence Wagner


" L’Horizon illimité " est un voyage à l’extrême des sensations, voyage fantasmagorique et surréaliste, parcours intimiste et désir d’ailleurs.
" …La littérature réveille en moi des images où je puise mon inspiration chorégraphique. Je ne traduis pas forcément les métaphores d’un texte, je ne juxtapose pas les mots au geste. Curieuse d’un univers littéraire, je cherche à transformer l’écriture littéraire en écriture chorégraphique, à utiliser le corps comme source de langage
Dans cette pièce, j’ai choisi de " traverser " le texte par différents modes d’expression. Au delà de la richesse de l’échange artistique, le mélange artistique permet aussi aux différents publics de se rencontrer. Je définis cette pièce comme un moment de rencontre émotionnelle. Ce moment serait l’acte artistique : évocateur d’un " moment " littéraire… " Laurence Wagner

Bien au delà d’une fusion dans l’air du temps, l’ " Horizon Illimité " est une rencontre entre différents univers artistiques. Au delà d’une juxtaposition des genres, la pièce ouvre un autre " espace temps " et invite à découvrir des univers contrastés.
A mi-chemin entre la danse et le cirque où les notions de verticalité et d’horizontalité disparaissent, la danse apporte à l’acte acrobatique toute la légèreté et la fluidité complémentaire au rapport musculaire.
L’espace scénique s’ouvre, les repères s’effacent, l’énergie habite le mouvement.
Dans cette pièce, la présence physique des musiciens assure une fusion plus intime entre le mouvement et le rythme, comme promesse d’une richesse de précision, d’affinement de chaque détail, dans les nuances de la justesse émotionnelle et poétique de la pièce.
C’est aux trois musiciens de la “ Chaloupe ” (museto-freejazz-occitano-biguinoide) que la chorégraphe a confié cette fresque musicale : musiciens de plateau, signataires de musiques de scène ( théâtre, danse, conte, spectacle de rue), concertistes constitués, leurs goûts éclectiques et leur talent d’improvisateurs ouvrent largement l’horizon musical à explorer.

" …Chaque créateur fait des rencontres ; certaines permettent de découvrir des univers nouveaux, d’autres enrichissent et révèlent ce qui existe en nous.
Je désire créer cette pièce comme un voyage, riche de rencontres entre différents artistes. Les emmener au plus profond de leur différence, puiser dans un terrain vierge, pour explorer au mieux les sensations et percevoir l’autre comme un être unique, dans la complicité du mouvement et la complémentarité de la rencontre chorégraphique, nourrie d’émotions afin de mieux les transmettre…. " Laurence Wagner






L’AUTEUR : JOË BOUSQUET
( 1897-1950 )

Né à Narbonne, au pays des cathares, Joë Bousquet est une sorte de cathare lui-même, c’est-à-dire un " pur ". Poète du vent et du silence, de tout ce qui est désespoir, il compose une oeuvre abondante, constituée essentiellement de poèmes en prose. A sa souffrance, physique et morale, il oppose une infatigable curiosité intellectuelle, une pensée aiguë, toujours sur le qui-vive.
.... " On disait de moi, dans les cercles artistiques, que la poésie m’avait sauvé du désespoir. Mais, soudain, vous avez été ma poésie et vous êtes venue vers moi pour que je ne reste pas enfermé dans les limites d’un art. J’ai été poète pour accéder à vous qui m’avez voulu homme "...lettre à Poisson d’Or.

Lorsque la première guerre mondiale éclate, Bousquet a dix sept ans. En 1916, il devance l’appel et part au front à la tête d’une section d’un régiment disciplinaire. En quelques mois, il devient l’officier le plus décoré de son régiment. Mais que connait-il de la vie, cet enfant de vingt ans, lorsque, le 27 mai 1918, une balle lui sectionne la moelle épinière ?
Il survivra, paralysé des jambes, jusqu’à la fin de ses jours.
Sa chambre de Carcassonne, dans laquelle il passe sa vie couché, et où il compose toute son oeuvre, devient un lieu de rendez-vous, un " salon littéraire " où de nombreux écrivains se retrouvent autour de son lit. Pour n’en citer que quelques-uns : Paul Eluard, André Breton, Gala, Aragon et Elsa Triolet, André Gide.....
.....Jean Cassou... " Depuis de longues épaisses années, j’accompagne Bousquet dans son immobilité et sa nuit, et cette immobilité ne cesse de se peupler, cette nuit de s’illuminer "...

Grand poète dont l’oeuvre toute intérieure, est souvent d’accès difficile. Bousquet a laissé de nombreux articles, au hasard des revues sur le surréalisme, sur la peinture moderne, sur l’ésotérisme. Ses poèmes en prose ont été publiés par J.Paulhan . Ses poèmes désespérés mènent une réflexion sur les rapports entre le moi et le corps, réflexion essentielle pour un homme privé de corps qui devait inventer à chaque instant une pensée qui considérât de haut ce corps.
Couché dans sa chambre, avec une pipe d’opium à la portée de sa main pour lutter contre la douleur, Bousquet est entouré de femmes auxquelles il donne des surnoms poétiques : Isel, Hortie, Blanche-par-amour, Houx-rainettes, Abeille d’hiver, et avec lesquelles il entretient des rapports ambigus. Certaines sont imaginaires, mais d’autres bien réelles.

Poisson d’or, qu’il rencontra en 1938 fut son grand amour pendant douze ans . Après tant d’années d’amour mystique et de lettres d’une grandes beauté....
... " Apprends-le enfin puisque c’est toi que j’ai le plus aimée...Il faut que tu te maries et, de mon coté je te jure que je me marierai jamais...J’ai partagé mon fardeau écrasant avec toi, je ne l’oublierai plus...C’est pour préserver cette réalité exquise que je te fais la promesse de garder intact ton souvenir "....


Poisson d’or se marie en avril 1950.

En septembre de la même année, Joë Bousquet meurt.







EQUIPE ARTISTIQUE

Chorégraphie : Laurence Wagner

Danseurs :
Franck Delevallez : formation à EPSE DANSE et au centre chorégraphique de Montpellier ; a dansé avec les compagnies Anne Marie Porras, Imeed Jemaa, Didier Théron, Portes Sud.

Isabelle Leroy : formation au conservatoire d’Angers, stagiaire au sein de la compagnie Taffanel, diplôme d’Etat de professeur de danse contemporaine ; a dansé avec la compagnie Portes Sud depuis sa création.

Lydia Margalego : formation à EPSE DANSE, au conservatoire de Montpellier , au CNSM de Lyon.

Artistes de cirque :
Mathias Tiberghien : formation à l’école du cirque de Bruxelles où il se spécialise en acrobatie au sol et jonglerie, à l’ENRC de Rosny sous Bois et au CNAC , centre national des arts et du cirque ; travaille avec la cnie Archaos

David Ferrasse : formation à l’ENRC puis au CNAC où il développe un travail de recherche sur un mât chinois ; a participé à la création de " Vita Nova ", chorégraphiée par H. Fattoumi et E. Lamoureux

Musique:
Laurent Cavalié (accordéon, percussion, chant) : percussioniste dans diverses formations, co-anime le Gréca, groupe de recherche et de création acousmatique ; il est également musicien de théâtre et de scène (notamment au sein du groupe " La Chaloupe ")

Christophe Delmond (clarinette) : autodidacte, il aime fabriquer des objets de son invention ; il est musicien de théâtre, comédien et musicien de scène ( " les z’ameçons ", " la chaloupe "…)

Marc Siffert (contrebasse) : formation en guitare classique et contrebasse au CNR de Montpellier et au conservatoire supérieur de Genève ; a fait parti de nombreux orchestres (orchestre supérieur de Genève, orchestre du Capitole de Toulouse) et est également musicien de scène

Décors: Pierre Heydorff

Lumières : Thierry Lenain

Costumes : Judith Chaperon

crédit photographique
Marc Ginot - Montpellier
LA COMPAGNIE PORTES SUD
CHOREGRAPHE : LAURENCE WAGNER


Après une formation en danse classique au conservatoire de Drancy et de Stains de 1968 à 1977 (reçu au concours intercommunaux avec mention, sélectionnée au concours de Bagnolet), elle travaille avec la compagnie Leduc à Paris puis se forme à la danse contemporaine par des stages et des rencontres (Doussaint, Bastin, Taffanel …)

Depuis 1985, elle enseigne la danse contemporaine dans différentes associations, elle prépare au diplôme d’état de professeur de Danse, au baccalauréat option danse, à l’examen d’entrée au conservatoire ...
Elle anime également des ateliers à l’IUFM, dans les écoles primaires, dans les collèges (agrément DRAC)…

De 1986 à 1997, elle danse dans la compagnie Amalgame (chorégraphies de C. David) la compagnie Orion Danse (chorégraphies de Pat O’Bine)

Elle est également comédienne en 1989 dans " Monodies ", mise en scène par M. Heydorff, en 1990 dans “Dieu Bonheur” d’Heiner Müller, crée au festival off d’Avignon.
De 1988 à 1997 : elle chorégraphie plusieurs pièces : " Il était une fois l’autre ", " De l’habit à la peau ", pièce tout public, " Agreuda ", " Le labyrinthe écarlate ", pièce jeune public.




En novembre 1997, elle crée la Compagnie de Danse Contemporaine " PORTES SUD " afin de concentrer son énergie créatrice, d’encadrer une équipe professionnelle. Elle s’entoure d’artistes de formations diverses, provoque des rencontres, cherche des liens entre la danse contemporaine, toujours en mouvement et d’autres disciplines du corps.
Une de ses volontés est de proposer une " vulgarisation " de la danse contemporaine, qui ne doit pas être réservée seulement aux initiés. Ce travail est mené notamment dans le cadre de travaux de sensibilisation en milieu scolaire, dans des quartiers en zone prioritaire, en milieu rural et, dans tous les lieux où il est possible d’approfondir la rencontre et de croiser le public.

Depuis sa naissance, la compagnie propose chaque année une nouvelle création :
- " Le Jardin Perdu ", duo inspiré du livre d’Andrée Chédid, créée en co-réalisation au théâtre Scène Nationale de Narbonne en mai 1998.
Cette pièce est une réflexion sur l’homme, la femme, l’amour mais aussi un questionnement sur la vie et l’humanité: “semblable et pourtant si différents” Andrée Chédid.
- " Sans Pareil ", conte chorégraphique et musical dédié au jeune public. “Consciente de l’importance des choix artistiques pour la formation des citoyens de demain, cette pièce traite de la différence...” Créée en résidence au théâtre de Douzens (Aude) en avril 1999 accompagné de classes artistiques.

- " Le Cri des Anges ", fruit d’une rencontre entre la danse contemporaine et le hip hop (travail en quartier avec un collège et un centre social). Cette pièce est un chantier chorégraphique sur le thème de l’exil. Créée au festival de la Cité à Carcassonne en juillet 1999.

- " Duo et Contre-basse " Pièce de 15 mn " … Est un questionnement sur nos violences, nos peurs, l’incompréhension et le trouble de ceux que l’on découvre, une méconnaissance et reconnaissance de l’autre. " Créée au théâtre de Pennautier en février 2000.

- " L’Horizon Illimité ", librement inspiré de la vie et de l’œuvre de J. Bousquet -Janvier-Février 2001

Projet 2001 : " Petites Pièces Chorégraphiques " : petites formes inspirés des rencontres que provoque Laurence Wagner pour affiner sa perception de la transversalité.