«L’Horizon illimité»
Atelier Chorégraphique National
chorégraphie : Laurence Wagner

Mardi 27 et Mercredi 28 Février
à 20h45


Chorégraphie : Laurence Wagner



L'actualité du projet

Compagnie : Portes Sud

Création :
dans le cadre de l’Atelier Chorégraphique National



L’horizon illimité est un voyage à l’extrême des sensations, voyage fantasmogorique et surréaliste, parcours intimiste et désir d’ailleurs, construit sur les piliers culturels méditerranéens il s’inscrit comme témoignage d’une époque, dont le rêve est tourné vers l’avenir...



«Je souhaite emmener les danseurs au plus profond de leur différence. Puiser dans un terrain vierge afin d’explorer au mieux leurs sensations et percevoir l’autre comme un être unique afin de créer la complicité et la complémentarité de la rencontre chorégraphique. Créer le spectacle comme un voyage, riche d’émotions afin de mieux les transmettre...»
Laurence Wagner



« Il faut toute une vie pour s’apercevoir que ce bâtiment est aussi important qu’une ville. Où je voyais une maison se développe une citadelle, intérieurement creusée de mille pièces étonnantes par leurs étendus (...) Je sui en rêve le maître de cette construction et surtout l’inspirateur de son agencement mystérieux. Je suis la pensée d’un certain itinéraire qui permettait d’envelopper dans la pure et simple idée de déplacement, de passage, toute la complexité d’un logement aux affectations multiples, de dépasser et de comprendre ces affectations dans la joie de rôder comme un enfant qui découvre le grenier de sa maison et, y scrutant un aspect de l’appartement ressuscité de ce que son existence a scellé dans la chaîne des gestes quotidiens...»

La Tisane de Sarments, J. Bousquet



Propos artistique

Joë Bousquet, sa vie, son oeuvre comme prétexte pour entrer dans un univers surréaliste.

Chaque créateur fait des rencontres sur son chemin, certaines permettent de découvrir des univers nouveaux, d’autres enrichissent et révèlent ce qui existe en nous. Bousquet est un personnage au destin exceptionnel, engagé, qui possède des qualités d’écoute et l’intransigeance d’un regard.

Je suis séduite autant par ses prouesses littéraires que par la force de sa lucidité, j’aime les horizons nouveaux qu’il est allé chercher aussi loin à l’intérieur qu’à l’extérieur de lui-même.
«... Je n’ai été que l’ombre d’un fait à revêtir de sa perfection et de son éclat...» écrivait Bousquet dont la véritable demeure aura été, toute sa vie, la blessure. Puis, les frontières du langage avec lesquelles il joua, quotidiennement pendant trente années.

Joë Bousquet, cet homme immobile qui créa un mouvement d’hommes et de femmes autour de son lit, rue de Verdun à Carcassonne.
«... J’ai tant de fois douté, je me suis souvent si profondément méprisé que, sans secours de l’homme que j’admirais le plus profondément, je n’aurais pas persévéré ; et je serais privé de ces accès de joie pure et profonde qui me soulèvent quelquefois et qui me font préférer ma vie telle qu’elle est à ce qu’un sort plus normal l’aurait obligée à devenir...»
Joë Bousquet

Sa verticalité lui fut arrachée à l’âge de 21 ans, sa position horizontale pendant 30 ans lui ont ouvert d’autres horizons : ceux de la pensée.

Ce sont ces horizons illimités que je désire traiter....





«Pour entrer dans le monde de Joë Bousquet, j’ai choisi d’être un de ses visiteurs du soir. Passant par une des portes qui ouvrent sur l’univers de sa chambre, je soulève le lourd rideau...et je prends une chaise...»
Laurence Wagner




Propos musical

Pour un spectacle axé sur un auteur de la région, une figure particulière du siècle, il a semblé pertinent d’ouvrir «un chantier musical», intégrant des données temporelles voir même intemporelles.
Le son véhicule de la mémoire collective ; tel style, telle forme, telle formation instrumentale sont ainsi marqués par des époques, et si le but n’est pas de reconstituer le passé, de faire du style, une telle recherche musicale se révèle néanmoins riche de nouveauté.

La dualité intellectuelle du personnage inspire la création musicale de cette pièce. Enraciné profondément dans l’Aude (ses vieilles demeures de Villalier et de Marseillens, sa chambre de Carcassonne, son regard sur cette ville qu’il nomme «Caqueyrolles») chargé de culture occitane, poète de la nuit, sensibilisé par les grands surréalistes de l’époque, Bousquet perce les horizons de la pensée.

Dans sa méthode de création, Laurence Wagner fait le choix d’une présence physique des musiciens afin de rendre une fusion plus intime entre le mouvement et le rythme : comme promesse d’une richesse de précision, d’affinement de chaque détail, dans les nuances de la justesse émotionnelle et poétique de la pièce.

C’est aux trois musiciens de la «Chaloupe» (museto-freejazz-occitano-biguinoide) que la chorégraphe a confié cette fresque musicale : musicien de plateau, signataires de musiques de scène (théâtre, danse, conte, spectacle de rue), concertistes constitués, leurs goûts éclectiques et leur talent d’improvisateurs ouvrent largement l’horizon musical à explorer.

L’engagement poétique de l’auteur est une piste de recherche sensible que les deux chanteurs : Christophe Delmond et Laurent Cavalié ont la pertinence d’envisager...

Le choix de leurs instruments : accordéon, clarinette, guitare, contre basse, leur dynamique de travail, leur présence scénique font du trio le matériau idéal pour une création aux couleurs du temps, toute en profondeur, en écoute, en échange.




... « Car cela ne suffit pas d’être béat pour donner du son, il faut une once de noirceur ou de colère. La chaloupe c’est chaud et transparent, comme ces moments où la musique n’est plus écrite, dans lesquels tu plonges ravi, souriant et tendu...»
Laurent Cavalié



Biographie de L’auteur
Joë Bousquet (1897-1950)


Né à Narbonne, au pays des cathares, Joë Bousquet est une sorte de cathare lui-même, c’est à dire un «pur». Poète du vent et du silence, de tout ce qui est désespoir, il compose une oeuvre abondante, constituée essentiellement de poèmes en prose. A sa souffrance, physique et morale, il oppose une infatigable curiosité intellectuelle, une pensée aiguë, toujours sur qui-vive.
... « On disait de moi, dans les cercles artistiques, que la poésie m’avait sauvé du désespoir. Mais, soudain, vous avez été ma poésie et vous êtes venue vers moi pour que je ne reste pas enfermé dans les limites d’un art. J’ai été poète pour accéder à vous qui m’avez voulu homme »... lettre à Ginette.

Lorsque la première guerre mondiale éclate, Bousquet a dix sept ans. En 1916, il devance l’appel et part au front à la tête d’une section d’un régiment disciplinaire. En quelques mois, il devient l’officier le plus décoré de son régiment. Mais que connaît-il de la vie, cet enfant de vingt ans, lorsque, le 27 mai 1918, une balle lui sectionne la moelle épinière ?
Il survivra, paralysé des jambes, jusqu’à la fin de ses jours.
Sa chambre de Carcassonne, dans laquelle il passe sa vie couché, et où il compose toute son oeuvre, devient un lieu de rendez-vous, un «salon littéraire» où de nombreux écrivains se retrouvent autour de son lit. Pour n’en citer que quelques-uns : Paul Eluard, Max Ernst, André Breton, Gala, Aragon et Elsa Triolet, André Gide...
... Jean Cassou... «Depuis de longues épaisses années, j’accompagne Bousquet dans son immobilité et sa nuit, et cette immobilité ne cesse de se peupler, cette nuit de s’illuminer»...

Grand poète dont l’oeuvre toute intérieure, est souvent d’accès difficile. Bousquet a laissé de nombreux articles, au hasard des revues sur le surréalisme, sur la peinture moderne, sur l’ésoterisme. Ses poèmes en prose ont été publiés par J. Paulhan. Ses poèmes désespérés mènent une réflexion sur les rapports entre le moi et le corps, réflexion essentielle pour un homme privé de corps qui devait inventer à chaque instants une pensée qui considérait de haut ce corps.
Couché dans sa chambre, avec une pipe d’opium à la portée de sa main pour lutter contre la douleur, Bousquet est entouré de femmes auxquelles il donne des surnoms poétiques : Isel, Hortie, Blanche-par-amour, Houx-rainettes, Abeille d’hiver, et avec lesquelles il entretient des rapports ambigus. Certaines sont imaginaires, mais d’autre bien réelles.

Poisson d’or, qu’il rencontra en 1938 fut son grand amour pendant douze ans. Après tant d’années d’amour mystique et de lettres d’une grande beauté...
... « Apprends-le enfin puisque c’est toi que j’ai le plus aimée, ...Il faut que tu te maries et, de mon coté je te jure que je me marierais jamais... J’ai partagé mon fardeau écrasant avec toi, je ne l’oublierai plus, ... C’est pour préserver cette réalité exquise que je te fais la promesse de garder intact ton souvenir»...

Poisson d’or se marie en avril 1950

En septembre de la même année, Joë Bousquet meurt.




Documents disponibles*
au Théâtre:
* Renseignement: Audrey Tallieu

VIDÉOS
Danse


BAGOUET Dominique Dix Anges (40mn)

BARTHÈS Patrice Hoxcar (extraits)

CHOPINOT Régine Les quatre Saisons (extraits 43mn)

Ecole Supérieure de Danse de Cannes / Jeune Ballet International
HIGHTOWER Roselia

Ballet de l’Opéra de Lyon Hommage à Jiri Kyllian (extraits)

FORSYTHE William Second Detail (extraits)

GALLOTA Jean-Claude La Rue (65mn)

LARRIEU Daniel On était si tranquille (extraits)

MONTALVO José Paradis (extraits)

PRELJOCAJ Angelin L’Anoure

PRELJOCAJ Angelin Paysage après la Bataille (1h12mn)

RAFFINOT François Adieu


LIVRES

BOURCIER Paul Histoire de la Danse en Occident éd. Seuil

Les autres dossiers pédagogiques
Le costume / Macadam /Belle au bois dormant / L'homme du hasard / Visa pour l'amour /
Les trois soeurs Claudine et le Théâtre / L'horizon illimité / La vie est un songe / Arlecchino /
Habbe et Meik / L'Avare / Nacer Khemir