«La vie est un songe»
de Pedro Calderon de La Barca
mise en scène Toni Cafiero

Mardi 6 Mars
à 20h45


«La vie est un songe»
de Pedro Calderon de La Barca
création

mise en scène et adaptation : Toni Cafiero

création lumière : Maurizio Viani
costumes : Rosarion Alarçon
travail d’acteur : Alain Zapfeld et Tatiana Stepantchenko


distribution en cours


Et un enfant disait un soir :
- “quand je rêve, c’est vrai... je suis pas mort, quand je rêve !”









L’histoire


Le prince Sigismond vit enfermé dans le ventre d’une tour, depuis sa naissance. Son père Basilio, Roi et Astrologue le séquestrent avec Astolfo par peur d’une prédiction selon laquelle Sigismond le détrônerait, entraînant discorde et ruine au royaume.
En éloignant son fils des “tranches lumineuses”, la joie des connaissances et du savoir, le roi le laisse croupir dans la partie basse du donjon où régnent Nature et Instinct. Mais pour vérifier la prédiction, il met son fils à l’épreuve en l’amenant au palais sous l’effet d’un somnifère. Mais Sigismond à son réveil, se déchaîne ; il agresse le noble Astolfo, tente de violer la belle Rosaura et de tuer Clotaldo venu la défendre.
A nouveau drogué, Sigismond est reconduit dans la tour, où Clotaldo lui raconte que les incidents du palais n’étaient que des rêves...





“Qu’est-ce-que la vie ? Un délire ? une illusion, une ombre, une fiction ; et le plus grand bien est peu de chose, car toute la vie est un songe et les songes sont des songes...”

Sigismond (deuxième journée)






Quelques notes

Pièce mythique, la plus célébre du théâtre classique espagnol, réputée injouable par certains tant elle comprte de pistes et de chemins à explorer, la Vie est un Songe (1635) est à coup sûr un sommet de la dramaturgie dite “baroque”, qui inspira toutefois bien des romantiques.
Je suis convaincu que dans la mise en scène des classiques, ce qui nous intéresse c’est d’un côté, le voyage à la recherche de l’objectivité “certes, toujours présumée” du texte et d’un autre côté, l’exploration du chemin que le texte a parcouru dans le siècle pour nous atteindre.
Il s’agit de deux mouvements diamétralement opposés, mais parfaitement complémentaires.
La mise en scène des classiques est au fond une façon de comprendre qui on est, en se confrontant radicalement avec autrui, ou si l’on préfére, c’est une façon de se découvrir, mesurant la distance avec ce qui nous a précédé.
Photographiant son époque dans des thèmes et des situations symboliques qu’il transforme parfois en personnages, Calderon stigmatise les contradictions, les conflits et les peurs de l’être face à lui-même, à sa communauté, à la Nature, au Monde et à sa dignité.

Toni Cafiero






Le texte est une forme vide que l’histoire va remplir au fur et à mesure de “signes différents”.
Si l’affirmation est acceptable, c’est vérifiable pour chaque oeuvre du passé.
Mais on reste toujours surpris par le nombre d’interprétations qui ont été faites dans le “signe” qu’est : “La vie est un songe” (1635).
Je pense qu’il faut chercher cette pluralité dans l’ambiguité du texte, l’équilibre entre l’ingénuité de la fable et la complexité de la construction symbolique.
En utilisant la structure de la fable orientale du calife qui permettait à un clochard de régner entre deux sommes (“Les contes des mille et une nuits”), l’auteur repose un problème universel et toujours actuel : à savoir, la place de la culture dans la civilisation, comme instrument de contrôle et de maîtrise du comprtement naturel de l’homme.
La philosophie de Calderon n’est pas moins pessimiste que ce qui sera, avec trois siècles de différence, la réflexion psychanalytique de Freud : conduit par ses impulsions naturelles, l’homme s’abandonne à l’agressivité et à la sensualité, jusqu’à tout mettre en péril, détruire, et s’auto-détruire.
Mais le garde-fou, c’est la Culture qui, défendant l’humanité contre la Nature, régie les rapports des hommes entre eux.






Biographie de l’auteur

Pedro Calderon de La Barca est né à Madrid en 1600 dans une famille de la noblesse de Castille. Il a écrit 120 comedias et 70 autos sacramentales. Dès 1620, il s’adonne à la poèsie pour laquelle il remportera plusieurs prix. Ses premières pièces (1629) éblouissantes comédies de cape et d’épée, telle “La dame fantôme” et tragédies, telle “Le prince constant” remportent un vif succés.

“La vie est un songe” est l’oeuvre la plus connue et la plus célébre du répertoire espagnol. Ordonné prêtre en 1651, s’ouvre alors pour Calderon sa grande période d’activité théâtrale. Il se consacre au théâtre de cour, pièces pythologiques ou romanesques et pièces sacramentelles. En 1673, il donne “La vie est un songe”, dont la rédaction initiale remonte à 1636. Calderon meurt en 1681 sans avoir pu achever la deuxième de ses pièces sacramentelles (l’agneau d’Isaie, la première) : “La divine Philothée”.





La divine ambiguité
Garde toujuors Ithaque à l’esprit
Rejoindre Ithaque doit être ta pensée constante.
Surtout, ne précipite pas ton voyage
Arrange-toi pour qu’il dure longtemps,
Pendant des années.
Et dans ton île,
Riche des trésors accumulés sur ta route
sans attendre d’Ithaque la richesse.
Ithaque t’a donné le beau voyage,
Sans elle tu ne l’aurais jamais entrepris :
Qu’attends-tu d’autre ?
Et si tu la retrouves pauvre, Ithaque ne te
Décevras pas pour autant.
Sage désormais et fort de ton expéreince
Tu auras déjà compris ce que Ithaque veut signifier.

Konstantinos Kavafis, “Ithaque”



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