Claude PARENT
ALU-MINAIRE
15 mars 31 mai 2003

Artiste peintre, sculpteur, plasticien
Né le 15 juillet 1947 à Perpignan
Esprit très audacieux il arrive à Claude PARENT de se lancer dans des aventures ponctuelles et très spectaculaires.
Claude Parent, artiste des Pyrénées-Orientales, investit la Salle d’exposition du Théâtre pour nous présenter l’installation de ses lampes sculptures : « Les Alu-Minaire».
Ses volumes éclairés, fabriqués en plexiglas et en aluminium, enferment et immortalisent des objets usuels, des matériaux divers issus de la récupération, afin de créer un espace poétique par la transparence et la lumière du plexiglas.
Après une période figurative, Claude Parent s’est tourné vers une peinture que l’on pourrait qualifier « de relief ». Le travail de la technique du collage a permis à cet artiste de prendre alors un autre virage pour s’intéresser et utiliser les matériaux les plus divers, issus de la récupération. Le fer, le bois, les planches, les cordes, les sacs, les chiffons, les grillages, les ustensiles écrasés, bref les fragments d’objets rendus vains de trop d’usages sont collés, badigeonnés, assemblés, juxtaposés dans l’espace de la toile.
Son intérêt pour la mise en espace des objets abandonnés, détournés de leur fonction, dans ses tableaux-relief le mène sur le chemin de la sculpture, pour se consacrer véritablement au volume.
Claude Parent souligne : « Un objet abandonné, un déchet porte en lui tout une histoire. RAUSCHENBERG disait qu’il avait beaucoup de sympathie pour les derniers moments de vie de quelque chose. Personnellement, l’historique de l’objet ne m’intéresse pas, c’est plutôt son pouvoir de séduction et l’attirance quasi physique qu’il exerce sur moi. A partir de là, il y a communication et échange. Je vais prendre plaisir à le faire revivre, à le rendre mythique, à le détourner de sa fonction initiale pour le placer dans de nouvelles conditions d’espace. »

L’exposition « Alu-Minaire » est la résultante d’un long cheminement artistique. Elle s’inscrit dans une recherche où l’uvre elle-même se modifie par une osmose totale avec son support de présentation ainsi que par son positionnement dans l’espace du lieu où elle est exposée.
Ainsi, j’ai pu constater que mes sculptures en plexiglas que je considérais abouties tant au niveau sensible qu’imaginaire, prenaient une autre dimension, suivant qu’on les suspendaient, qu’on les mettaient en mouvement ou qu’on les posaient sur les supports en adéquation avec leurs critères (transparence, opacité, lumière, mouvement).
L’uvre se métamorphosait pour devenir autre en me faisant entrevoir des possibilités infinies.
Entre autre l’ajout de touches de lumières de différentes couleurs me permettant de ciseler l’espace intérieur de chaque volume. Le contenant et le contenu devenant interactifs dans un concept multiconfessionnel.
Pendant des années, j’ai travaillé avec des objets de récupération que j’ai détourné de leur fonction première (fers rouillés, poussettes, outils agricoles, bois flottés
) pour les transmuter en sculptures.
Au Théâtre de Narbonne, mon propos est différent en ce sens que les uvres exposées, tout en gardant leurs spécificités artistiques, deviennent plus fonctionnelles.
Clin d’il au luminaire, d’où le titre « Alu-Minaire », les gros champignons vont habiller l’espace blanc du Théâtre, en s’inscrivant dans une thématique plus proche du décor de scène que d’une exposition traditionnelle. De grands papiers fabriqués artisanalement, présentés en pied, simuleront des acteurs imaginaires.
Claude PARENT

Décor de l’imaginaire ou
théâtre de la représentation ?
Les volumes éclairés, posés à même le sol ou suspendus, les gigantesques papiers montés sur socles, groupés comme des totems ou des figures longilignes donnent à la salle d’exposition du Théâtre de Narbonne une atmosphère poétique, presque intemporelle où l’archaïsme, le désuet, et la modernité des matériaux s’harmonisent.
Les objets de rebut et la couleur sont assemblés pour ne faire qu’un, dans une parfaite unité. L’essence même du geste de peindre et la valeur symbolique des objets ou des matières, leur identité, se mêlent, s’enchevêtrent, se confondent pour aboutir à une représentation purement picturale. Les volumes, les lignes, les courbes, les creux et les bosses, les vibrations colorées, le graphisme des bouts d’objets emprisonnés, enserrés, la nature des matières créent l’espace visuel de l’uvre.
Tout comme les volumes, les formes de papier végétal, dans une réelle alchimie de compositions, montrent elles aussi la force et l’imaginaire poétique de l’assemblage de ces papiers mâchés, fabriqués artisanalement, ou la paille, le raphia les feuilles de néflier, de chêne, de cerisier sont broyés, malaxés pour inventer de nouvelles matières, de nouvelles nuances colorées, un univers pictural entièrement neuf.
Claude PARENT joue avec les accidents de parcours, les réactions aléatoires et improvisées des matières pour leur redonner une logique, sa logique, un autre sens, celui qu’il a choisi. De son rapport de force avec les matières, du respect qu’il a pour elles, l’artiste finit par dominer ces hasards en concentrant son effort sur les rythmes, les forces, parfois tumultueux, les valeurs chromatiques, les bleus, les jaunes, les rouges et les couleurs de terre, pour se livrer à une expression où la liberté gestuelle prend possession de l’espace.
La nostalgie des objets abandonnés, témoins de réminiscences, portant la trace d’une histoire qui nous échappe et l’ingratitude des matières inventées par l’homme en quête de modernité, de confort, reflet d’une industrie peut-être superflue, rejetées sans état d’âme par-ci par-là, stockées, recyclées sont métamorphosés par Claude PARENT pour transformer cette inutilité en beauté purement plastique, et offrir à qui le désire la possibilité d’entrer dans la matière, dans l’objet ou dans la forme.

Mises en scène
1990 « La peinture fait des siennes
» avec le styliste Francis MORENO
1991 « Performances » avec la prêtresse de l’énergie vitale Monique
LACOUR
1996 « Machine-Action, sculpture à vinifier qui parle et sert du vin » avec l’électronicien Michel LAFITTE
1999 « Les Volumobiles » avec l’ingénieur moteur Piero BORNGESSER
Expositions particulières
France
ParisMusée de la Monnaie-1983 / SAGA-1990 / Galerie Européenne des Arts et des Evénements 1996
Clamart Centre d’Arts Plastiques A.C.-1989
Toulouse Galerie du Taur -1984 / F.I.D.A.C.-1988 / Espace Croix-Baragnon-1992
Vienne Agrotec-1993
Collioure Galerie Profils-1986 / Château Royal-1994
Céret Chapelle Saint Roch-1987
Fontvieille Château de Montauban-1995
Perpignan Galerie de la Main de Fer -1982 1985 1988 / Palais des Rois de Majorque-1990 / Chapelle Saint Dominique-1991 / Galerie « Mode d’Expression »-1997 / Palais des Congrès -1998
Lézignan Maison Gibert-1990
Bages d’Aude Galerie « Le Bidule »-1990 / Maison des Arts -1996
Port-Vendres « Le Dôme »-1996
Espagne
Barcelone Institut Français-1989 / Galerie Espaï B.M.-1990
Italie
Portogruaro Biblioteca Nationale-1993
Nombreuses expositions de groupe en France et à l’Etranger avec
ARMAN BURRI CAPDEVILLE CANE CLAVÉ GENOVART GRAU GARRIGA MILLARES MIRO NIEBLA PICASSO PONC SUBIRA-PUIG TAPIES THARRATS SPESCHA MARFAIG
Bibliographie
« Matière, forme, couleur » GOURRIER
« L’Art en marche » LU CHAKWAN
« Reflets contemporains » PRISME
« Les A Faire Intérieurs » METTAY
« Retrato » SOLA I VILA
« La peinture fait des Scènes » GASSMAN
« Héraclite » PALLARES
« De Claude à Claude » DUCLOS
« Le Cri et le Jeu » QUERALT
« L’esthétique comme Ethique » PARENT
« Cyclothymies » PELLIER
« Les Volumobiles » PERE CERDA
Filmographie
1990 « La Peinture fait des Scènes », Palais des Rois de Majorque, Perpignan
1991 « Performances », Chapelle Saint Dominique, Perpignan
1992 « Le rêve d’Acier », Château Royal de Collioure
1998 « Iceberg », Palais des Congrès, Perpignan