
Claude Bourianes
Peintures
18 mars 15 mai 2004
Dans le catalogue du musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan, la conservatrice Marie-Claude Valaison présente ainsi la peinture de Claude Bourianes : « Son univers est celui de l’usine à soufre, des cuves à gaz et de la plage de Port-La-Nouvelle. Il sait transposer ces éléments en univers poétique où l’air et le ciel, où l’eau le sable et les roseaux sont traduits en vibrations colorées discrètes et raffinées. »

Cette exposition s’articule autour de trois grands thèmes :
Les installations portuaires, la terrasse de l’atelier vue à travers la porte fenêtre, les salins.
Ces motifs sont somme toute assez banals mais comme le disait P. Bonnard : « On peut tirer de la beauté de tout. » Il faut regarder sans à priori, sans préjugé, le monde environnant.
Ces sujets sont autant de prétextes à capter les variations de la lumière selon l’heure et la saison.
Il ne s’agit pas cependant de simples instantanés impressionnistes. C’est à travers un assez grand nombre de séances de travail que la construction s’équilibre sans nuire à la lumière, ou que la lumière est juste sans détruire la composition.
Au point de départ, il y certes la sensation mais comme le faisait remarquer P. Cézanne : « le peintre ne note pas ses émotions comme l’oiseau module ses sons ; il compose. »
On ne saurait mieux exprimer les aspirations de cette peinture qu’en citant ce qu’écrivait Diderot dans « les salons ».
« La peinture est l’art d’aller à l’âme par l’entremise des yeux. Si l’effet s’arrête aux yeux, le peintre n’a fait que la moitié du chemin. » C.Bourianes

Peintre de la lumière, des paysages noyés de ciel et d’étang, frémissement de grandes surfaces sur un même bleu, un même gris.
Claude Bourianes est un peintre impressionniste qui apaise toutes choses, donne l’éclairage d’une vision personnelle qui échappe au tumulte.
Importance de la construction autant que du travail de la matière.
Redécouverte charnelle de la nature par larges caresses horizontales ou verticales dans les chromatismes doux et purs.
Nécessité d’ordonner une lumière aussi singulière que fugitive.
Le peintre travaille en extérieur, soit tôt le matin, soit en fin de soirée. Ses tableaux sont travaillés plusieurs fois, parfois sur plusieurs années. Peintures où l’accent est mis sur l’atmosphère.
« Je cherche la lumière, le calme, j’épure ce que je vois et j’en recherche l’essentiel »
Claude Bourianes