MARCEL GILI
Peintures
19 janvier - 18 mars 2005
Sculpteur et peintre d'origine catalane, Marcel Gili est mort il y a dix ans. C'est après sa disparition que son atelier, situé sur le territoire de Vingrau, au mas Génégals, a ouvert ses portes au public dans le cadre de l'Association des Amis de Marcel Gili.
Dans ce haut lieu planté depuis des siècles sur les contreforts des Corbières catalanes d'où il domine la plaine du Roussillon, Marcel Gili a passé les dernières années de sa vie aux côtés de son épouse Geneviève, elle-même peintre de talent.
Ancien élève de Gustave Violet, ayant également reçu dans sa jeunesse les leçons d'Aristide Maillol, Marcel Gili, co-fondateur du Salon de Mai, a été pendant de longues années professeur à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris où il a lui-même formé quelques générations d'élèves.
Marcel Gili est un peintre, un dessinateur et un sculpteur de nature païenne. D'un paganisme qui, loin des images qu'annonce parfois la barbarie, a quelque chose à voir avec "l'humanisme", terme qu'il affectionnait particulièrement dans
ses commentaires et qui, hélas, apparaît aujourd'hui désuet pour certains. Dans l'univers de Marcel Gili, la fidélité à la terre catalane et aux racines de l'être n'exclue pas la permanence d'un dialogue avec le reste de l'univers.
C'est pourquoi l'abstraction chez lui n'est jamais totale et garde sans cesse le souvenir de la forme humaine, minérale ou végétale à partir de laquelle elle s'est lointainement élaborée.
C'est dans la multitude des nuages agités par la tramontane et par des vents contraires que Gili a trouvé la forme des "Moutons" qui peuplent certains de ses tableaux auxquels il arrive d'être traversés par la réminiscence du visage citadin, génial et boursouflé de l'acteur Michel Simon.
Pour Gili, un dessin, une peinture, une sculpture peuvent être engendrés aussi bien par une forme que par un parfum, par le muscle du vent, par un morceau de ciel, par la géométrie des constellations, par le geste de la main qui pardonne.
«Je suis ma propre usine, disait-il. Je fabrique mes pièces détachées qui n'ont d'autres raisons que d'être ensemble ou séparément. Grâce à cette matière première, je peux donner naissance aux organismes les plus utopiques...»
Seul un homme libre pouvait élaborer une uvre d'une telle dignité,d'une telle ampleur et d'une telle indépendance.